Hiatus
(n.m., du latin hiare, « être béant » ; l’h du mot français n’est pas aspiré : on dit donc « l’hiatus »).
C’est la rencontre sans élision de deux voyelles prononcées. L’hiatus interne au mot a toujours été admis. D’un mot à l’autre, il a posé des problèmes à partir du milieu du XVIe siècle. Désormais on l’évite, et des règles sont mises au point à l’époque classique.
Le contact direct de voyelle de fin de mot à voyelle initiale du mot suivant est banni, sauf
– si un e caduc termine le premier mot après la voyelle prononcée :
Dieu me paye un tribut
(Victor Hugo)
– si le premier mot se termine par une consonne graphique même non prononcée :
Dormir dans les vallons, ou glisser sur les pentes
(Lamartine)
– si le deuxième mot commence par un h aspiré ou exclut la liaison (onze, oui, ouate).
Depuis la fin du XIXe siècle, l’hiatus ne pose plus de problème. Ainsi, Laforgue, dans la « Complainte du sage de Paris » emploie l’hiatus de manière parodique pour souligner un jeu d’homophonies à tonalité hypocoristique :
C’est la grande Nounou où nous nous aimerions.
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