Poétique
(n.f., du grec poïein, « faire »). Le terme désigne aujourd’hui, d’une façon très générale, l’étude des formes littéraires en vue d’en établir la classification et d’en décrire le fonctionnement. C’est l’intérêt porté à cette dimension formelle qui a conduit la Nouvelle Critique à placer cette notion au centre de sa réflexion. La poétique est donc très largement une théorie des genres ; mais le mot s’est un peu galvaudé et la critique, de manière assez vague, place souvent sous la catégorie de poétique l’ensemble des traits qui caractérisent la création littéraire d’une époque ou d’un écrivain (poétique du naturalisme, poétique de Chateaubriand, etc.). La Poétique d’Aristote (vers 344 av. J.-C) est évidemment l’ouvrage fondateur de la discipline, mais il faut garder ici au mot sons sens le plus étroit. Aristote y distingue l’art de composer des vers et la rhétorique, art de persuader, en même temps qu’il analyse les formes et les genres.
Si l’ouvrage n’accueille par la comédie, qui devait être traitée dans un autre volume, il faut surtout noter qu’il exclut le lyrisme qui, subjectif, ne permet pas l’imitation, notion clé ; ce dont traite Aristote, ce n’est donc pas toute la poésie, mais la production en vers (épique et dramatique) qui relève de l’imitation et représente les actions humaines par le langage.
Il ne faut donc pas confondre la poétique et ce qui est pour nous le poétique, même si pendant longtemps la poétique s’est illustrée par des arts poétiques, recueils de conseils et techniques pour écrire de la poésie. On voit souvent en Paul Valéry le refondateur moderne de la poétique puisqu’il a enseignée au Collège de France de 1937 à 1945 et redéfinie, au plus près de l’étymologie, comme l’art de production des œuvres.
Tagged as formalisme, genre littéraire + Categorized as Lexique, _P_