Silgedicht // L’art du langage

Des définitions littéraires se découvrent

Péroraison

(n.f). C’est la dernière des cinq parties du discours. Elle conclut en résumant les principaux points de l’argumentation (enumeratio, récapitulation), pour bien mettre en évidence ce qui a été confirmé et ce qui a été réfuté ; c’est aussi le moment où l’orateur peut utiliser l’amplification afin d’exciter l’indignation ou la colère chez les auditeurs.

Il s’agit en effet de bien faire ressortir, grâce au déploiement d’un rhétorique spectaculaire, toute ce ce que le crime a d’odieux, en faisant appel aux autorités qui le condamnent, en mettant en lumière ses conséquences, et celle qu’auraient un éventuel acquittement ; selon Quintilien (Institution oratoire, 1er siècle ap. J.-C.), c’est le moment où il faut faire preuve de tout son art pour émouvoir les passions de l’auditoire.

Les principales figures sont donc utilisées dans ce but afin de mettre sous les yeux avec vivacité, toutes les circonstances de l’action condamnable ; Quintilien recommande notamment l’usage de la prosopopée (en faisant parler la victime), ce qui rapproche l’orateur de l’action théâtrale. L’autre voie possible est celle de la compassion (commiseratio) qui joue elle aussi sur les sentiments, et vise le troisième but de la rhétorique, l’émotion (movere). Cette partie est donc, avec la narration, une des parties les plus littéraires du discours, c’est-à-dire celle qui a sans doute eu une influence déterminante sur certains genres, comme le théâtre tragique.


Tagged as , , , , + Categorized as Lexique, _P_

Comments are closed.