Silgedicht // L’art du langage

Des définitions littéraires se découvrent

Oralité

Au Moyen Age, l’oralité constitue une part importante de la vie littéraire. Comme l’a montré P. Zumthor, elle peut prendre place à cinq moments de la vie des œuvres : production, transmission, réception, conservation, répétition.

Dans les civilisations d’oralité pure (sans écriture) ces cinq phases sont orales. Mais le Moyen-Age est aussi une civilisation de l’écrit : il faut donc distinguer ce qui est de l’ordre de la transmission-réception, où l’oralité peut être essentielle (par exemple pour les chansons de geste, les vies des saints, les fabliaux, etc., récités par des jongleurs), la conservation et la répétition, qui peuvent être concurremment de l’ordre de l’oral (la mémoire des jongleurs, l’apprentissage des textes à partir de leur seule audition) et de l’écrit (les textes sont recopiés dans des manuscrits, qui peuvent servir à leur apprentissage par cœur).

Il faut souvent admettre, entre deux maillons de la tradition manuscrite, un maillon oral qui seul permet d’expliquer certaines déformations. Quant à la composition (production), il est aujourd’hui admis que pour la très grande majorité des textes qui nous sont parvenus, même pour ceux qui sont le plus marqués par l’oralité, elle a commencé par une phrase écrite. Mais, dans le détail des oeuvres, ces questions restent controversées.


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