Silgedicht // L’art du langage

Des définitions littéraires se découvrent

Nouvelle

Récit de fiction en prose en prose, de longueur réduite, différente du conte car le matériel narratif de la nouvelle n’est emprunté à aucune tradition (il est nouveau) et différent du roman car la nouvelle est conçue pour une lecture non fractionnée. Cette dernière contrainte à d’importantes conséquences esthétiques : traditionnellement, la nouvelle n’a qu’un fil narratif et présente un nombre réduit de personnage.

Elle est souvent construite en vue d’une fin bien préparée. Au Moyen-Age, la nouvelle, centrée sur une anecdote unique dont elle s’efforce de dégager une leçon, est toujours présentée en recueils.

Elle apparaît en 1414 avec la traduction du Décaméron de Boccace, et, vers le milieu du XVe siècle, les Cent Nouvelles nouvelles se présentent comme un renouvelllement de ce recueil. Elle se développe ensuite dans divers cadres et au gré de flottements terminologiques qui n’ont pris fin qu’au XVIIIe siècle : grands recueils avec ou sans récit encadrant (L’Heptaméron de Marguerite de Navarre, 1558), récits enchâssés dans le roman héroïque, récits autonomes. L’âge classique a durablement subi l’influence des Nouvelles exemplaires de Cervantès, traduites en 1615 : le récit-cadre y est abandonné et chaque narrateur devient autonome. La traducteur de Cervantès, François de Rosset, publie ses Histoires tragiques en 1614, Robert Challe Les Illustres Françaises en 1713, et c’est par ce genre que passe alors largement le renouvellement de la fiction : les techniques sont diverses, mais, à la différence du roman, la nouvelle prend les apparences d’une histoire vraie.

Depuis la fin du XIXe siècle, on assiste au développement de la « nouvelle d’atmosphère » qui ne privilégie plus la base anecdotique pour son intérêt narratif mais pour la valeur de révélateur psychologique ou social.


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