Silgedicht // L’art du langage

Des définitions littéraires se découvrent

Mélodrame

Le mélodrame est un genre littéraire qui apparaît sur les petites scènes parisiennes pendant la décennie de la Révolution française. Le mot avait fugitivement désigné un drame mêlé de musique, le Pygmalion de J.-J. Rousseau, mais ne s’est pas imposé dans ce sens.

C’est le développement simultané du théâtre commercial, du public populaire et du drame noir qui est à l’origine de l’apparition du mélodrame, genre nouveau, avec ses auteurs (Pixerécourt, Caigniez, Ducange), ses décorateurs (Gué, Cicéri), ses théâtres (Gaîté, Ambigu-comique, Porte Saint-Martin, les théâtres du « Boulevard du Crime ») et ses acteurs spécialisés (le célèbre Frédéric Lemaître).

L’âge d’or du mélodrame commence avec Coelina ou l’Enfant du mystère de Pixerécourt en 1800 et s’achève avec L’Auberge des Adrets d’Antier, Saint-Amand et Paulyante en 1823. Le mélodrame ne disparaît pas pour autant comme le prouve le succès des Deux Orphelines d’Adolphe-Philippe d’Ennery en 1875. Au-delà du genre stricto sensu, le mélodrame se rencontre au XXe siècle dans le théâtre de boulevard, au cinéma en France comme aux Etats-Unis, dans les productions de télévision.

Conçu pour le peuple (plutôt que genre populaire), le mélodrame a toujours su toucher toutes les classes sociales. Manichéen et moral, il est toujours fondé sur des structures simples, mises en œuvre dans un intrigue complexe : un drame de famille, des victimes innocentes, un traître châtié à la fin.

On y reconnaît des éléments structurels empruntés à la tragédie (le secret de famille) et à la comédie (la fin heureuse) et des ressorts qui sont ceux du drame (le pathétique). Son succès reposait aussi sur des mises en scène très soignées, avec leur indispensable clou, et des décors réalistes magnifiques.


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