Maximes conversationnelles
On appelle ainsi, depuis les travaux de P. Grice, les règles que doit respecter tout locuteur pour que son énoncé soit interprétable ; ces « lois du discours » sont au nombre de six. Trois concernent la formation des énoncés : exhaustivité (l’énoncé doit contenir toutes les informations nécessaires à sa compréhension ) ; modalité (les mots utilisés doivent être compréhensibles pour l’allocutaire) ; informativité (l’énoncé doit avoir un contenu et donc ne pas être tautologique ou redondant).
Les trois autres maximes régissent le statut de l’énoncé dans la communication elle-même : coopération (les interlocuteurs doivent être d’accord sur la nature de l’échange en jeu), sincérité (chacun garantit implicitement que son propos n’est pas trompeur) ; pertinence (tout énoncé doit avoir un rapport avec l’échange en cours).
Le non-respect d’une de ces règles entraîne inévitablement un « échec communicationnel ». Bien des dialogues relevant du « théâtre de l’absurde » montrent ainsi le néant de la communication humaine en multipliant les atteintes aux maximes de Grice : informativité (Le plafond est en haut, le plancher est en bas), modalité (Mouche pas la touche, E. Ionesco, La Cantatrice chauve, 1950), exhaustivité (– Attendons de voir ce qu’il va nous dire. – Qui?, S. Beckett, En attendant Godot, 1952), etc..
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