Locus amoenus
Au sens propre, cela signifie « lieu agréable » : c’est un des « lieux » (au second sens de topos, celui que lui donne E.-R. Curtius : une image conventionnelle) les plus célèbre de la tradition littéraire occidentale. Cette expression désigne en effet le cadre idéal de la vie rustique, où les bergers, les bergères et les nymphes vivent leurs amours au son des fûtes et au rythme de la vie pastorale. Ses éléments sont avant tout l’ombre d’un arbre et les eaux d’un ruisseau – héritage de l’univers antique de la bucolique grecque et latine, où l’ombre et la fraicheur sont des biens précieux au regard de la chaleur méditerranéenne –, agrémentées de fleurs (car la saison attachée à ce lieu est la « reverdie », le printemps). Cela s’opposa au locus terribilis, escarpé et menaçant, où la sensibilité romantique ira chercher le sentiment du sublime. On le trouve donc dans les principaux genres liés à la postorale, théâtre, roman et poésie, et il inspire les décors concrets de la scène aussi bien que la peinture de paysage, au moins jusqu’à l’impressionnisme.
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