Incipit
(n.m. inv., mot emprunté au latin signifiant « [ici] commence »). Dans son acception philologique, il désigne, en particulier pour les littératures du Moyen Age et de la Renaissance, le premier vers ou les premiers mots d’un texte, qui peuvent tenir lieu de titre (les éditions d’œuvres poétiques donnent fréquemment une table des incipit).
Dans son acception narratologique, plus fréquente, il désigne le début d’un roman ou d’une nouvelle, l’ouverture d’un récit. L’incipit a ici une double fonction : il présente le dispositif narratif (le récit est-il à la première personne ? etc.) et permet la mise en place de l’univers fictionnel. L’incipit qui insiste essentiellement sur la première fonction fait office de captatio benevolentiae, il instaure d’abord un rapport entre un narrateur et un lecteur dont il capte l’intérêt et l’attention (le narrateur explique par exemple comme il a eu accès à ce qui suit : Ces cahiers ont été trouvés parmi les papiers d’Antoine Roquentin, J.-P. Sartre, La Nausée, 1938).
L’incipit qui insiste essentiellement sur la seconde fonction prend soit la forme d’une présentation réaliste de l’univers de référence (Madame Vauquer, née de Conflans, est une vieille dame…, H. de Balzac, Le Père Goriot, 1835), ou alors d’un début in medias res (« au milieu de l’action », « expression venue de l’Art poétique d’Horace, v.148), procédé qui consiste à faire comme si le lecteur avait déjà connaissance des données fondamentales de la fiction (Tchen tenterait-il de lever la moustiquaire ?, A. Malraux, La Condition humaine, 1933).
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