Genre épistolaire
La lettre n’est pas seulement un moyen de communication. Elle est aussi, depuis l’Antiquité, un genre littéraire à part entière (Epître de saint Paul, correspondance de Cicéron, Lettres à Lucilius de Sénèque). La lettre n’est pas alors un document destiné à une communication entièrement privée mais à une lecture plus large (les Lettres de Mme de Sévigné). Les lettre peuvent aussi jouer sur une fiction partielle, portant sur l’énonciation, et correspondre à la mise en forme d’un traité (Diderot, Lettre sur les aveugles), d’une oeuvre théorique et polémique (Lettre à d’Alembert de Rousseau). Parfois elle constituent une fiction totale, un roman. De nombreux romans, surtout au XVIIIe siècle, ont adopté la forme épistolaire.
Tantôt ils ne présentent qu’un scripteur, ce qui correspond à une forme monodique (Lettres de la Marquise, de Crébillon fils, La Vie de Marianne de Marivaux), tantôt ils se donnent comme une correspondance complète, mise en ordre (La Nouvelle Héloïse de Rousseau, Les Liaisons dangereuses de Laclos, Aline et Valcour de Sade).
Le genre épistolaire permet alors la multiplication des points de vue mais aussi, à une époque où le roman à mauvaise presse auprès des autorités politiques et religieuses, la dénégation de sa nature romanesque.
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