Focalisation
L’analyse structurale du roman appelle focalisation (ou vison) la façon dont est présentée l’information dans les textes narratifs. Il s’agit, pour faire vite, de répondre aux questions « qui perçoit ? qui juge ? ». On distingue souvent, à la suite de G. Genette, trois types de focalisation :
la focalisation interne (les informations se confondent avec ce que sait ou perçoit un personnage, les jugements évaluatifs et les impressions qui lui appartiennent : Il n’aurait jamais cru que les nuages, la nuit pussent éblouir. Mais la pleine lune et toutes les constellations les changeaient en vagues rayonnantes, A. De Saint-Exupéry, Vol de Nuit) ;
la focalisation externe (l’information se confond avec ce que percevrait un éventuel observateur des actions, il n’y a pas de jugement subjectif : Ils ne disent rien. Ils sont à la limite de l’ombre. Ils regardent la table vide et les cierges [...]. De temps en temps quelqu’un tousse, J. Giono, Le Grand Troupeau) ;
la focalisation-zéro (l’information n’est pas limitée : le texte donne par exemple accès à la conscience de nombreux personnages ; c’est le cas de ce qu’on nomme parfois la « narration omnisciente » : Maud et Mathieu pensaient à la guerre espagnole et ça les reposait de l’autre guerre, J.-P. Sartre, Le Sursis, 1975).
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