Silgedicht // L’art du langage

Des définitions littéraires se découvrent

Feuilleton

Au XIXe siècle, le feuilleton, encore appelé rez-de-chaussée parce qu’il occupe le tiers inférieur d’une feuille de journal, désigna d’abord un article de critique littéraire, dramatique ou scientifique : le premier feuilleton dramatique fut publié dans le Journal des débats en l’an VIII. Emile de Girardin, directeur de La Presse, ayant décidé en 1836 pour gagner des lecteurs d’abaisser le prix de l’abonnement et de publier des romans complets en feuilleton, on parla de feuilleton-roman ou de roman-feuilleton, puis de feuilleton tout court.

La vieille Fille de Balzac inaugura la formule. Le plus grand nombre des romans de Balzac, d’Alexandre Dumas, de George Sand et plus tard toute la série des Rougon-Macquart de Zola parurent d’abord en feuilleton. Pour des raisons financières, Chateaubriand lui-même dut consentir à la publication en feuilleton de ses Mémoires d’outre-tombe. Flaubert fut à peu près seul à refuser ses romans aux journaux.

Le prodigieux succès des Mystères de Paris d’Eugène Sue en 1842-1843 prélude à une longue série d’histoires à rebondissements destinées avant tout à tenir les lecteurs en haleine et dues aux plumes fertiles de feuilletonistes comme Paul Féval (Le Bossu ou le Petit Parisien, 1857), Ponson du Terrail (Les Exploits de Rocambole, 1859 et suiv.), Xavier de Montépin (Les Deux Orphelines), Paul d’Ivoi (Les Cinq Sous de Lavarède), etc.
C’est au feuilleton que l’on doit le succès du roman policier avec Emile Gaboriau (L’affaire Lerouge, 1866) et plus généralement le développement du roman populaire.


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