Silgedicht // L’art du langage

Des définitions littéraires se découvrent

Epopée

(n.f., du grec epos, « parole d’un chant, vers », et poïein, « faire », d’où epopoïa, « poème épique »).
Long poème à la gloire d’un (ou plusieurs) héros ou d’une nation , qui mêle souvent le surnaturel et le merveilleux au récit des exploits et des hauts faits. Dans son Esthétique, Hegel lie l’épopée et l’univers historique et humain qui l’entoure : « L’épos, lorsqu’il raconte ce qui, a pour sujet une action qui, par toutes les circonstances qui l’accompagnent et les conditions dans lesquelles elle s’accomplit, présente d’innombrables ramification par lesquelles, elle se trouve en contact avec le monde total d’une nation et d’une époque. »

L’épopée de référence est l’Iliade d’Homère, mais, dans le domaine français, on peut citer comme exemple Les Tragiques d’Agrippa d’Aubigné (1616).

Si le classicisme continue de considérer l’épopée comme un grand genre, aucune œuvre éclatante, cependant, ne l’illustre et La Henriade de Voltaire (1728), par exemple, est aujourd’hui bien oubliée. Dans le partage hérité d’Aristote entre l’épique et le dramatique, c’est le romain qui désormais prend peu à peu la place de l’épopée en vers et devient à lui seul la littérature narrative.

La dimension épique s’affaiblit également dans le champ de la poésie, bien qu’elle reste présente dans La Légende des siècles (1859) de Hugo dont le sous-titre, Petites Epopées, montre qu’à ses yeux l’âge des longs poèmes est révolu. Néanmoins, l’épique ne disparaît totalement et, en 1924, l’Anabase de Saint-John Perse en garde certainement la trace.


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