Démonstratif
Troisième genre oratoire, selon les théoriciens, le genre démonstratif (ou, d’après le mot grec, épidictique) est celui où l’art doit le plus brillant.
L’argument type est en effet l’amplification, car son propos porte sur des valeurs, qu’il s’agit de louer ou de blâmer : c’est donc le genre de l’éloge et du blâme, et il porte sur le présent, car il demande l’adhésion immédiate aux valeurs d’une communauté (doxa), déjà partagées par le public.
L’épidictique est, par excellence, le genre de la célébration collective – par exemple dans la glorification de Dieu, la célébration du roi, ou des valeurs de la République –, où la communauté affirme les liens qui la constituent. Cette éloquence d’apparat se retrouve aussi bien dans la poésie élevée (ode, hymne) que dans l’épopée ou la tragédie.
En prose, elle est celle des discours de réception, des panégyriques ou des oraisons funèbres. C’est pourquoi elle demeure très vivante dans la vie sociale et politique. Son style est le style élevé, avec le déploiement de toutes les figures de l’éloquence (amplification, style fleuri, etc.). Le prestige et l’efficacité de l’épidictique peuvent souvent lui donner une valeur d’argument, même dans les autres genres : on développera ainsi le thème de la grandeur de la cité ou des ancêtres dans la péroraison d’un discours judiciaire ou d’une délibération.
Dans la fiction, l’épidictique joue un rôle important dans la description, où il s’agit de faire valoir la beauté d’un lieu, ou parfois, au contraire, de le caricaturer ; il joue un rôle identique dans l’art du portrait.
Dans son mode négatif, il est l’arme de la satire et du pamphlet. Moins sensible aujourd’hui dans la littérature, l’épidictique demeure souvent le morceau de bravoure du théâtre ou du cinéma, quand ce n’est simplement dans la bonne écriture journalistique.
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