Discours intérieur
Production langagière entièrement mentale, le discours intérieur est parfois désigné par le terme d’endophasie. C’est le troisième mode de réalisation de la langue en discours, avec l’écrit et l’oral. Il s’agit donc d’une situation d’énonciation particulière, où locuteur et allocutaire se confondent.
Dans un texte narratif, la citation des pensées d’un personnage peut prendre n’importe quelle forme de discours rapporté (direct, indirect, libre ou non) et ne s’écarter en rien de la norme orale, voire écrite : Il faut renoncer à tout cela, se dit-il, plutôt que de se laisser réduire à manger avec les domestiques (Stendhal, Le Rouge et le Noir).
Mais, depuis la fin du XIXe siècle et le travail stylistique sur le monologue intérieur, ce discours de soi à soi est souvent représenté dans la littérature sous forme de séries de propositions caractérisées par des ellipses syntaxiques (phrases averbales, chute de l’article…), des constructions rompues (anacoluthes), des tournures inacceptables à l’écrit et à l’oral (mots-valises…) : Est-ce que je suis pauvre ? Mon pas pesant. Mon sang. Ma tête. Les jonquilles. Les violettes. Je resterai le plus fort (E. Berl, « Saturne », 1927)
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