Diérèse
(n.f., du grec diairesis, « division »). Fait de prononcer et de compter prosodiquement en deux syllabes une suite de deux voyelles dont les première est i, u ou ou.
La règle traditionnelle impose la diérèse quand les deux voyelles étaient déjà présentes dans l’étymologie du mot. Trois cas peuvent ainsi se présenter :
– Les voyelles étaient déjà en contact : on prononce pensi-on puisque le mot est issu de pensionem.
– Les voyelles étaient à l’origine séparées par une consonne qui s’est amuïe : on dit mari-er puisque marier vient de maritare.
Exception déjà à l’époque classique : bruit ( de brugit ou de brugitum ) et fuir (de fugerre) devraient suivre cette même règle ; or ils sont toujours en synérèse.
– Cas d’une rencontre ancienne de voyelles, par adjonction d’un suffixe à voyelle initiale, à une base à finale vocalique : miette est en diérèse (mi-ette) parce que miette vient de mie (issu de mica) auquel s’adjoint le suffixe diminutif –ette.
Dans la poésie depuis 1870 environ, et surtout dans la poésie moderne, l’usage est beaucoup plus flottant, jouant entre usage courant et tradition, prenant celle-ci parfois à rebours.
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