Décasyllabe
(n.m., du grec déka, « dix »). Mètre de dix syllabes. Il apparaît au milieu du XI siècle, d’abord dans la poésie hagiographique et dans l’épopée. A partir du XIIIe siècle, il devient le grand vers lyrique, mais est concurrencé puis éclipsé par l’alexandrin au milieu du XVI siècle.
L’époque classique l’emploie plutôt en hétérométrie, et il ne retrouve la poésie lyrique qu’à partir du du XIXe siècle. Son rythme traditionnel le plus fréquent est 4/6, avec éventuellement une structure d’accompagnement en 6/4.
L’autre structure traditionnelle est en 5/5, mais elle ne se mélangeait jamais avec la précédente, ce qui fait qu’il existe deux types de décasyllabes différents.
Jules Laforgue utilise ces trois rythmes dans Les Complaintes (1885) :
– 4/6 Vous qui passez, // oyez donc un pauvre être
– 6/4 Puis frêle mise au monde ! // ô Toute fine
– 5/5 Jupes des quinze ans, // aurores de femmes
mais ce qui montre qu’il s’écarte de la tradition, c’est qu’il les emploie ensemble, dans un même poème, alors que les 4/6 et les 5/5 appartiennent à des esthétiques tout à fait différentes du décasyllabe.
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