Cratylisme
Le terme tire son origine du dialogue de Platon intitulé Cratyle. Dans ce dialogue, Socrate intervient dans une discussion entre deux sophistes : Cratyle, qui défend l’idée que le langage et en particulier le vocabulaire sont motivés, et Hermogène, pour qui le langage et le vocabulaire sont soumis à l’arbitraire et sont le résultat d’un consensus. C’est un débat qui n’a cessé de se poursuivre jusqu’à nos jours, comme le montre l’ouvrage de G. Genette, Mimologiques, 1976. Le XVIe siècle, dans la ligne des Grands Rhétoriqueurs, a prêté une grande attention au cratylisme et à ce que portent les noms, en particulier les noms propres. Ronsard, désireux de s’attirer l’amour de Marie, invoque son nom :
Marie, qui voudrait votre beau nom tourner,
Il trouverait Aimer : aimez-moi donc, Marie,
Faites cela vers moi dont votre nom vous prie.
Saussure (1857 – 1913 ), en affirmant l’arbitraire du signe, établit une barre très nette entre signifiant et signifié, laissant simplement aux onomatopées le privilège de la motivation. Or toute une réflexion poétique montre que, dans une communauté linguistique, au niveau individuel et à la faveur de contextes et d’associations où opère ce que G. Genette appelle une « suggestion par le sens », peut se produire une remotivation du signifiant.
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