Connotation autonymique
On parle de connotation autonymique lorsqu’un mot est employé à la fois en référence et en autonymie ; outre qu’il désigne un référent du monde réel ou une notion, il renvoie aussi à lui-même en tant que mot.
La connotation autonymique est généralement marquée par l’italique ou les guillemets, ou par une légère pause à l’oral. Elle permet au locuteur de mettre à distance le mot ou l’expression qu’il emploie, soit par ironie, soit pour marquer l’emprunt : Pour faire partie du « petit noyau », du « petit groupe », du « petit clan » des Verdurin, une condition était suffisante mais elle était nécessaire (M. Proust, Du côté de chez Swann, 1973).
La connotation autonymique ne bloque par la commutation synonymique (« Pour faire partie des amis des Verdurin, une condition…»), mais laisse le sentiment de perdre un signifié secondaire. Certains théoriciens de la littérature ont d’ailleurs remarqué que les textes littéraires ne pouvaient être paraphrasés sans cesser d’être littéraires ; la littérarité d’un texte serait donc à penser sur le mode de la connotation autonymique.
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