Collage
Par analogie avec les techniques picturales mises au point au début du XXe siècle par Picasso, et qui ajoutaient à l’aplat de peinture des papiers ou des matériaux collés sur la toile, on appelle collage en littérature le fait de juxtaposer des évocations hétérogènes.
Nombre de textes surréalistes fondés sur l’écriture automatique relèvent du collage, tel ce texte intitulé « Usine », extrait des Champs magnétiques (André Breton et Philippe Soupault, 1920) :
La grande légende des voies ferrées et des réservoirs, la fatigue des bêtes de trait trouvent bien le coeur de certains hommes. En voici qui ont fait connaissance avec les courroies de transmission : c’est fini pour eux de la régularité de respirer. Les accidents du travail, nul ne me contredira sont plus beaux que les mariages de raison. Cependant il arrive que la fille du patron traverse la cour. Il est plus facicle de se débarrasser d’un tache de graisse que d’une feuille morte ; au moins la main ne tremble pas. A l’égale distance des ateliers de fabrication et de décor le prisme de surveillance joue malignement avec l’étoile d’embauchage.
Le terme de collage désigne aussi le fait d’introduire dans une œuvre des fragments qui ne lui appartiennent pas (extrait de journaux, textes littéraires, articles de dictionnaire, etc.). C’est ainsi que Blaise Cendrars a introduit dans Documentaires (1924) des collages du roman policier de Gustave Le Rouge, Le Mystérieux Docteur Cornélius.
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